Historique

Avoir des rats, et puis, ouvrir ma raterie, quelle idée saugrenue ! Alors, comment est-ce que tout ça m’est venu ? Pourquoi ? 

1) Je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite.

Tout a commencé lorsque j’étais enfant (oui oui, on dirait un conte :p). Je devais avoir 10 ans quand ma soeur (de 12 ans plus âgée) a rencontré son compagnon, dont le meilleur ami était un punk. C’était la fin des années 90, la mode était pour pas mal d’entre eux au rat albinos sur l’épaule. Il avait donc une rate, prénommée Junkie. Je suis littéralement tombée amoureuse de cet animal tellement gentil, calme, attachant. Je venais la chercher chez ma soeur pour la promener et jouer avec elle, je passais des heures à lui parler, la câliner,…

A partir de ce moment, j’ai su que je voulais des rats, je passais mes journées, mes anniversaires, mes Noëls, à en demander. Seulement, ma mère était phobique au dernier degré, donc c’était pour elle hors de question.

Au cours du printemps 2000, le dieu des rats a entendu mes supplications. J’avais presque 11 ans, un chiot d’un an. Mon père était parti le promener, quand je l’ai vu revenir en courant. Il avait trouvé une rate albinos et ses 4 petits, lancés là par un abruti. Contre l’avis de ma mère, nous les avons attrapés, mis en cage, le temps du sevrage des bébés. Il y avait la maman, plus deux mâles et deux femelles. Je voulais garder les filles, que j’avais nommées « Junky » (en « hommage » à la rate que j’avais tant aimée, à ce moment là je n’avais aucune idée de la signification de ce mot :p), Funky, et Adrénaline. Mais dès que les petits furents sevrés, ma mère m’obligea à faire le tour de la ville avec mon papa pour les donner à un magasin. 

J‘étais très triste, mais heureusement (et comme quoi, c’était mon destin !), la »mode » des rats albinos commençait à passer, et personne de « normal » n’achetait de rats à ce moment là, pas dans ma ville, du coup aucun magasin n’avait de place pour eux. Le dernier nous a même dit avec tact (non) « désolé j’ai pas de serpent assez gros ». J’étais choquée. Je suis rentrée en pleurs et j’ai tout raconté à ma mère. Qui détestait encore plus les serpents que les rats x)

Elle a donc décidé que j’aurais le droit de garder les deux mâles. J’ai confié les 3 femelles à ma soeur, et j’ai donc gardé mes premiers rats, que je n’oublierais jamais : Sweety et Nuka, deux albinos que j’étais à peu près la seule à savoir dinstinguer. Ils ont été de vrais éléments déclencheurs de ma passion, et ils ont même…  Apprivoisé ma mère :p

Tant et si bien qu’à l’heure de leur décès, en août et septembre 2002, nous avons tous eu le coeur brisé. Et pour  Noël… Ma mère m’offrit un rat ! 
A l’époque, pas d’internet (déjà qu’on avait pas de téléphone, mes parents sont réfractaires à la technologie, ils n’ont même jamais possédé de téléphone fixe !), donc Eamon, un autre albinos, vécut seul, et sur copeaux. Etant en liberté totale, il n’a heureusement jamais été malade à cause de sa litière. C’était un animal adorable, qui nous épouillait les cheveux, nous suivait partout, jouait constamment avec nous, dormait avec le chien et le chat. Cependant, nous lui donnions sans cesse trop de gourmandises, et sa nourriture n’était pas adaptée : il était obèse à un stade assez avancé (ce qui est signe d’un rat mal dans sa peau car solitaire, ce que je n’appris que bien plus tard). Quelque part ce rat était malheureux, il recherchait sans cesse le contact avec nous, le chien, les chats, car il souffrait de solitude. Si à cette époque j’avais trouvé des informations correctes sur le rat, jamais mon pauvre loulou n’aurait vécu ainsi, et ça me rend triste et en colère. Si j’avais eu accès à l’info, ça ne se serait jamais produit, et voir aujourd’hui des gens qui le savent mais ne le font pas, m’énerve encore plus.

Puis, au jour de l’an 2005, j’ai rencontré mon premier « petit ami sérieux », qui aimait beaucoup mon gros rat. Il décida de lui offrir une copine. Eh oui, comme je disais, à l’époque nous n’avions pas Internet, nous avons donc pris conseils auprès de vendeurs animaliers, de vieux vétérinaires n’ayant jamais vu de rat de leur vie, et des très mauvais livres que je collectionnais sur les rats, et PERSONNE ne nous a correctement conseillés, pourtant nous étions friands d’information. Aïlysh est donc arrivée, une jolie choupette champagne hooded qui a pris ses quartiers avec mon gros doudou. 

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 Aïlysh bien plus âgée, avec une tumeur mammaire assez impressionnante (et inopérable à l’époque) sous la patte arrière… Elle a été ma première confrontation avec les tumeurs chez le rat.

1.1) Mes débuts dans l’élevage

Deux mois plus tard, puisque mâle + femelle ne font pas des Chocapic, elle donna naissance à 4 petits, une hooded bleue (Athéna, que j’ai gardée), une irish noire (Cendres, donnée à ma meilleure amie de l’époque), et deux hoodeds noirs (Buzz, et LeGrosRat, donnés à des amis/connaissances).

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Athéna, premier bébé issu d’une de mes portées

Dans le même temps, j’ai récupéré un gros loulou dans une animalerie, qui m’avait fait de la peine avec ses blessures, un gros bout de queue en moins, et tout maigrichon. Après quelques semaines chez moi, Lagun (husky noir), était devenu un beau gros pépére. Il fut papa de la deuxième portée d’Aïlysh, et de la première d’Athéna. Sur chaque portée, je gardais un ou deux petits, et mon amie qui avait adopté Cendres en gardait aussi (elle avait toute une troupe de rats en liberté totale dans sa chambre, mâles et femelles mélangés…

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Lagun, quelques mois après son arrivée, entièrement décoloré

1.2) Le début de l’apprentissage

J‘ai commencé à me poser des questions, je faisais des portées, oui, mais pourquoi ? Je n’appréciais pas l’idée d’avoir des bébés juste « pour le fun », étant assez intéressée par l’élevage canin et équin, bénévole à la SPA, je savais que la reproduction était quelque chose de sérieux, et qu’elle devait avoir un but, pas juste à faire des bébés, car les gens qui font faire des bébés à leurs animaux « juste parce que c’est mignon » contribuent souvent à l’abandon (les refuges sont pleins de loulous nés de cette manière), et ça n’était clairement pas ce que je recherchais, je voulais faire quelque chose de bien, d’intéressant, qui ait une démarche « pro »derrière.

Je m’étais déjà renseignée sur la marche à suivre partout ou je pouvais, mais j’étais très frustrée de ne pas trouver les infos que je cherchais, et j’avais une impression qu’on ne me donnait pas vraiment de bonnes indications : tous les « professionnels » que j’avais contactés m’avaient conseillé l’âge de 3 mois pour la mise à la reproduction des femelles, pas d’âge pour les mâles. On me disait que la plupart des ratons d’une portée étaient voués à mourir, et que pour que ça ne se produise pas, il fallait moi-même oter la plupart des ratons à la maman, pour que ceux que je lui laisse puissent survivre. 
Tout ça ne me plaisait pas, je sentais que quelque chose clochait, mais impossible de trouver des infos autre part (pour rappel, à l’époque on payait encore Internet à la minute, avoir un ordinateur c’était un truc pas répandu partout, en 2005 je connaissais TROIS personnes dans mon entourage proche qui en avaient un, et un seul était connecté à Internet, on avait pas vraiment encore idée de l’immensité de la toile, et jamais je n’aurais imaginé y trouver des infos sur les rats).

Je décidais uniquement par envie d’attendre 4 mois pour mes femelles qui me paraissaient trop fragiles à 3, d’établir des généalogies (que je passais des heures à dessiner et prévoir sur mes cahiers de cours et mon classeur « spécial rats », ça me passionnait), de réfléchir correctement à qui croiser avec qui, en fonction du caractère (pas des couleurs, je n’avais aucune notion de génétique à l’époque, chaque portée c’était un peu la surprise, et j’étais aussi émerveillée de voir des hooded noirs que des bleus russes), de la santé obtenue sur les membres de la famille, et également afin de ne pratiquer qu’un très faible taux de consanguinité. Tout ça, je l’avais lu sur des livres qui parlaient de chiens, et je me disais que c’était pas si bête d’appliquer ça aux rats. En 2006, j’ai commencé à traîner dans les cyber-cafés avec mes copines pour discuter sur MSN, et à un moment, par hasard et par curiosité j’ai voulu chercher si il existait des infos sur les rats. Un UNIVERS entier s’est alors ouvert à moi. J’ai découvert Rat-La-La, la Bible (à l’époque,  aujourd’hui certaines infos commencent à dater et sont obsolètes) du rat. J’y ai appris que le copeau était nocif, chose que JAMAIS, on ne m’avait dit. Mes rats pour lesquels je dépensais des fortunes, parfois en vétérinaire pour certains qui avaient des soucis respis, et personne ne s’était donné la peine de me dire que je les empoisonnais à petit feu. J’étais furieuse.

Des ratons qui sont nés à cette époque, et dont je ne me souviens plus de tous (depuis le temps !) un magnifique mâle albinos (Jewell), fils d’Athéna et Lagun, est parti rejoindre Cendres chez mon amie. Toutes les deux, nous faisions donc régulièrement des portées, nous adoptions chez des connaissances d’autres rats, et je me rappelle avoir atteint une cinquantaine de rats adultes,  mes parents étaient furieux. De cette époque, je me souviens avec nostalgie de mes loulous avec qui j’avait une relation quasi fusionnelle : Kimahri (un des rats de ma vie, un gros doudou agouti hooded), Skar et Symba les deux jumeaux husky noirs, Clochette (qui était bel et bien un mâle avec un nom quelque peu original, husky agouti), Sankka (femelle bleue US irish à qui je devais tailler les dents à cause d’une malocclusion dûe à un accident qu’elle avait eu bébé), Tidus (mâle albinos dumbo terriblement neuneu et gentil), Tipsy (bleu russe irish né à la maison),… Et aucun cas d’agressivité ni de soucis de santé « anormaux », des longévités pas dégueus du tout… Bref, je faisais une sélection qui fonctionnait sans même le savoi,  ce qui me frustrait le plus étant que j’étais jeune et timide, et en laissant adopter un peu n’importe qui, je n’avais quasiment jamais de nouvelles.

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A droite, Tidus, adopté en 2006 chez une particulière, et à gauche, Tipsy, issu d’une de mes portées.

Puis, début 2007, j’ai enfin eu accès à Internet chez ma soeur et au CDI de mon Internat, et tout naturellement, j’en suis venue à m’inscrire sur des forums de rats, ou moi non plus, on a pas pris de pincettes pour m’expliquer que j’avais fait de la merde (et merci j’ai appris tellement !) et que j’étais une petite gamine égoïste qui devait tout apprendre.
A cette époque, et principalement à cause de ma mère, avec qui j’avais une relation très très très conflictuelle à ce moment, il ne me restait plus que trois rats, Athéna, une de ses petites filles Vodka, et mon vieux Lagun, donc plus de reproduction bien évidemment. Mais quand j’ai découvert que j’avais fait un peu n’importe quoi en croyant bien faire, j’ai beaucoup culpabilisé. J’ai donc tout fait pour apprendre de mes erreurs (même si j’en ai commis d’autres au cours de mon apprentissage), et emmagasiner un max d’infos, avant de repartir du bon pied, je commencais à être assez grande pour prendre réllement conscience de mes choix. Il était donc hors de question de réadopter des animaux si c’était pour ne pas leur offrir le MEILLEUR. J’ai parlé à ma mère de mes découvertes, et elle comprit que pour moi, c’était un peu comme une vocation. Etant interne à partir de juin 2006, j’étais 100% dépendante d’elle, nous avons donc convenu d’un nombre de rats à ne pas dépasser, car elle s’en occupait la semaine. Avec le recul, c’était une grosse connerie encore une fois, on ne fait pas de reproduction sans être là de la semaine, clairement, et c’est pourquoi aujourd’hui je MILITE pour une certaine maturité avant de reproduire des rats. Que mes erreurs servent aux autres tout comme je puise mes connaissances dans l’expérience de ceux qui étaient là avant moi. C’est ainsi que l’on évolue ^^

2) La naissance de la raterie, les Tits Rats Misus

En juin 2007, je n’avais plus qu’une rate, Vodka, vieillissante, je commençais à me sentir seule et je ne souhaitais pas que cette mamie finisse sa vie solitaire. J’étais en stage dans un magasin et encore très naïve (et nous étions assez peu informés à ce moment là, même sur les forums on en était pas au niveau de connaissances qu’on a aujourd’hui, et adopter en animalerie était « normal ») par rapport aux conditions de vie des animaux chez les grossistes. Une petite hooded agoutie venait tous les jours me faire des câlins. C’est ainsi que Cheyenne est entrée dans ma vie.

Puisque je ne peux pas me passer d’être entourée d’une nuée de ratous (et que j’avais bien appris qu’un rat seul est malheureux :p), ma tribu a augmenté peu à peu, et tout naturellement pour moi j’en suis venue à me reposer la question d’une portée. En procédant cette fois ci de manière correcte, du moins à mes yeux d’ado et avec les standards de l’époque. J’ai attendu les 6 mois de Cheyenne, et j’ai décidé de choisir le loulou de mon compagnon de l’époque, Yang, un doudou adorable qui vivait en totale liberté, et déjà âgé d’un an et demi. J’ai décidé de partir de cette base pour fonder une famille suivie et le plus « saine » possible. Il me semble que de cette portée sont nés 12 ratons, la base de ma première famille. J’ai commis cependant cette erreur d’avoir envie de partir de « rien » pour avoir « ma propre famille », ce qui n’est pas terrible, mais plus logique à ce moment là qu’aujourd’hui ou adopter ailleurs est beaucoup plus simple.

Ensuite, j’ai décidé d’ouvrir ma raterie, souhaitant faire les choses du mieux que je pouvais (mais rétrospectivement encore une erreur, étant donné que j’étais toujours interne). Fin 2007, les Tits Rats Misus étaient nés.
J’ai demandé à être signataire de la Charte (les débuts des Ratouphiles Associés), et j’ai été acceptée. J’ai commis encore des erreurs (et ça me fait toujours rire quand on me balance « tu crois que t’es parfaite » quand j’explique ses erreurs à quelqu’un. Non, je ne le suis pas, j’ai beaucoup, beaucoup appris, justement. Par contre j’ai toujours écouté ceux qui prenaient de leur temps pour m’expliquer). J’ai dû arrêter des familles, revoir ma ligne d’approche. Mais je n’ai jamais cessé de vouloir évoluer, m’améliorer. Ma famille principale tenait par contre très bien la route, et devait continuer, mais le destin en a décidé autrement.

3) Le renouveau de la raterie, Le Domaine des Arkenstones

Fin 2011, j’ai du, forcée par une personne avec qui je vivais (et je le hurle haut et fort, ne JAMAIS abandonner ses rêves pour une personne, c’est une grosse erreur encore une fois, l’amour, ce n’est pas se renier soi-même pour faire plaisir à quelqu’un, et les concessions, ce ne sont pas des sacrifices, c’est très différent), stopper la raterie. Puis, pour la première fois depuis 10 ans, j’ai cessé d’avoir des rats, début 2012. Parce que cet homme m’avait demandé de replacer mes 4 derniers rats « pour lui ». Selon lui je devais apprendre à faire des concessions, et c’était donc « les rats ou lui » parce qu’il trouvait que je devais « grandir » et « arrêter avec mes délires d’ado » et mes « animaux qui puent ». Parole d’expérience, personne ne vaut la peine de faire ça, et si on vous le demande, fuyez.
J’ai été vidée d’une partie de moi, et même mon entourage l’a souligné : « Arkane sans ses rats, c’est plus tout à fait Arkane ».

En Septembre 2013, près avoir repris ma liberté (aka largué le malotru) et mes esprits, j’ai donc réadopté des rats, des malheureux de sauvetage tout d’abord, puis des adoptions en raterie, en avril 2014.

J‘ai eu 2 ans de recul durant cette période sombre, pour réfléchir à ce que je ferais dans l’avenir, me poser, voir la situation avec un oeil nouveau, et surtout, mettre à profit ce temps pour continuer à engranger des informations au maximum… Le renouveau de la raterie, c’est mon rêve qui reprenait, ma passion qui continuait, en toujours mieux qu’hier et moins bien que demain ! Forcément à 24 ans (et donc en ayant plus de maturité qu’à 17), avec les baffes offertes par la vie et après ces mois de réflexion, j’avais évolué positivement et je savais ce que je voulais faire.

Suite à ce nouveau souffle, j’ai décidé de changer le nom de l’élevage, l’ancien choisi à mes 16 ans ne me correspondait plus du tout (j’ai terminé ma kikoo-période il y a quelques années maintenant huhu -enfin, globalement !). Après des semaines de recherches et de maux de tête, Le Domaine des Arkenstones était le phénix né sur les centres des Tits Rats Misus.

Pourquoi ce nom ? Je suis une grande fan des mondes fantastiques (et de mythologie nordique, mais faire un mix eût été compliqué), de Tolkien, et mon pseudo sur les forums (Arkane) est également issu de mondes fantastiques (de la BD « Aria » de Michel Weyland, très exactement). L’Arkenstone, la pierre Arcane, c’est un joyau magique qui possède sa propre lueur, et mes rats, c’est un peu ça pour moi, ils sont chacun une personnalité magique, unique, avec une lueur propre, chacun est une Arkenstone à sa manière.

Ce nouveau départ a été décisif pour moi. Beaucoup moins d’erreurs, beaucoup plus de maturité, un caractère plus affirmé et une vie plus sereine m’ont conduit à devenir quelqu’un de sérieux et à me faire ma place dans la communauté. Le projet de la raterie est réellement né à cette période là. C’est ainsi que j’ai décidé de travailler en partenariat avec le Trouwarat, qui est une super raterie et une humaine géniale. Après plusieurs mois d’ébauches sur papier et de réunions pour mettre tout ça en forme, début 2015 notre première portée commune a posé les bases du plan qui continue depuis.

Au cours du mois de Juillet 2014, j’ai de nouveau été acceptés au sein des Ratouphiles Associés (la Charte 2.0), un collectif d’adoptants et d’éleveurs oeuvrant pour le rat. 

Je me suis enfin « trouvée », depuis ce nouveau départ très peu de choses ont changé car je suis beaucoup plus en phase avec ce que je fait, et j’ai la chance extraordinaire d’être épaulée par une super communauté et des ami.e.s précieux.es (coucou les Ratouphiles Associés).

4) Pourquoi une raterie ?

Avoir une raterie n’a absolument rien à avec la « rareté » des types de rats possédés ou du fait qu’on soit « très connu » (un gros poisson dans une petite mare quoi), ni du fait qu’on fasse des « lignées » avec des rats roses et bleus avec des couleurs ou des marquages « qui en jettent », ou utiliser des mots pompeux et des jolies généalogies qui rendent bien (mais sont bidon).
C’est le fait de sélectionner des reproducteurs, et d’oeuvrer pour tenter d’améliorer l’espèce, ou au moins ne pas la déteriorer, uniquement. Et que nos actes soient cohérents avec cette vision. Chaque portée doit être inscrite dans une continuité, OU de reproduire des rats vraiment dans un but positif, et de manière cohérente encore une fois : c’est à dire des rats avec une famille suivie, on ne peut PAS dire qu’on travaille sur la santé avec que des rats d’animalerie ou de particuliers inconnus sans généalogie, on ne peut pas dire qu’on est sérieux si on oeuvre dans l’ombre sans aucun suivi public, on ne peut pas dire qu’on fait « ça bien » si on adopte n’importe ou pour reproduire des types intéressants, si on est pas soi-même informé autant que possible, si on ne cherche pas à améliorer ses connaissances, c’est un tout.

Etre éleveur, c’est un METIER. Malheureusement, c’est un métier qui a l’air facile, aussi énormément de gens s’improvisent éleveurs, que ce soit pour les rats, mais aussi les chiens, les chats,… Les SPA et refuges sont remplis d’êtres vivants nés parce que « les bébés animaux c’est mignon » ou parce que des gens voulaient essayer de gagner de l’argent facilement (spoiler : ça ne marche pas et c’est les animaux qui trinquent).
Très peu de personnes prennent le temps de se renseigner avant de faire une saillie, c’est effarant, imaginez vous que demain je décide d’être chirurgienne (ben oui vous avez vu ce que ça gagne un chirurgien ?) ou sage-femme (ben oui les bébés c’est mignon il paraît) et que j’improvise des opérations ou des accouchements après avoir lu un article sur Internet. Ca ferait hurler la majorité de la population, et c’est bien normal.
Par contre, quand il s’agit d’animaux, s’improviser éleveur, ça ne choque personne, alors que c’est la même chose : de la gestion d’être vivants dotés de sensibilité. A l’heure ou j’écris ces lignes, ça fait 13 ans, treize années de ma vie à me renseigner sur le rat, sa reproduction, sa sélection (sans compter les années ou j’ai appris des infos qui se sont avérées fausses hein, je ne les compte pas). Et vous savez quoi ? Je ne sais pas tout, très très loin de là. Alors quand je vois des gens se lancer n’importe comment alors qu’ils ont accès à l’information pourtant, mes cheveux (que j’ai pourtant très longs) se hérissent sur ma tête, car au final, ce sont les RATS qui trinquent.

J‘en apprend de plus en plus chaque jour, et de plus en plus, mon regard évolue sur la reproduction et ma vision du monde du rat. J’ai appris qu’en reproduction, rien n’est tout noir ou tout blanc, il faut parfois être un peu sur le bord de la ligne pour avancer, toujours en gardant le meilleur pour l’espèce comme optique. J’apprends aussi, alors que j’ai refusé jusqu’ici toute distinction, qu’il faut en fait faire du cas par cas, on ne fait pas la même chose en temps qu’éleveur chevronné qu’en temps que débutant, et parfois on ne peut pas conseiller de la même manière deux personnes, selon leurs connaissances/expérience. A chacun d’oeuvrer selon son niveau, tant que le but est le même : le bien être des rats (et ce devrait être le dénominateur commun de tout le monde. Si je fais ça c’est parce que je les aime au plus profond de mon coeur, et quand on aime, on fait au mieux), et l’avancement dans le but d’avoir dans un futur plus ou moins lointain des familles à la longévité exemplaire, et à la santé de fer, on y croit, et ce même si c’est irréalisable dans les faits.

Pour moi, la transparence maximale est importante, c’est même le point obligatoire de toute raterie, la communauté aussi, donc mes rats sont tous inscrits au LORD (Livre des Origines du Rat Domestique). Cela me permet de montrer leurs origines, ainsi que toutes les informations possibles sur leur famille (en terme de santé, longévité, etc).

Je suis également membre de l’association « la Société du Rat Francophone et de ses Amateurs » (SRFA), et je recommande chaudement leur forum, le plus sérieux, complet, qualitatif des forums francophones. Il est également le premier forum français à avoir été créé, et il a été le plus fréquenté durant des années (avant qu’un mauvais bug ne le mette HS pendant quelque mois ). Que vous soyez nouvel arrivant dans le monde du rat sur Internet, mais aussi avec quelques bases, ou même « ratouphile » averti, vous y serez conseillé, aiguillé, par des membres sérieux et connaisseurs, il y en a pour tous les niveaux !

 5) L’avenir de la raterie

Je compte continuer mes petits débuts de famille, tranquillement, pour finir par travailler tout ça en consanguinité faible (moins de 25%), afin d’avoir une famille stable, solide, et des rats sympas, gentils, enfin la famille idéale dont on rêve tous ! Personne n’arrivera jamais à un résultat parfait malheureusement, mais je pense qu’essayer évite de se dire « ce n’est pas grave » et donc de stagner.
Chaque portée est un défi, à chaque naissance j’espère le meilleur pour les vies que j’ai fait naître. 

Tous mes projets sont notifiés sur ce site, tout ce que je fais, tous mes suivis, donc la raterie telle qu’elle est, c’est sur le site que vous la voyez évoluer ^^ 

Continuer à écouter les avis des copines éleveuses (et même les pas copines, y’a pas de raison, pas besoin d’être amies pour avoir une opinion constructive) pour avoir un oeil extérieur, travailler main dans la main avec mes adoptants pour réussir à rendre tout le monde heureux, et aussi oeuvrer dans la communauté pour la faire évoluer.

Continuer à rendre à cette communauté extraordinaire tout ce qu’elle m’a offert, parce que c’est important de partager, si personne ne l’avait fait, aucun rat ne serait heureux. Ce n’est que le minimum pour moi de continuer ce travail pour aider d’autres personnes. Rester dans son coin, en temps qu’éleveur surtout, n’aide personne, ce n’est pas signe de fiabilité ni de générosité.

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Voilà, maintenant vous savez tout ! Alors bienvenue chez nous !!!